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ÇA FONCTIONNE COMMENT ?

     (image de MARREL & PELIN)

 

Avant, pendant et après les différentes expériences de ma vie (ce que je vis au quotidien), ma machinerie mentale (ce qui m’anime « dans ma tête ») fonctionne dans un malaxage permanent :

 

• d’idées, de concepts,

• d’images qui apparaissent sur l’écran de mon mental,

• des peurs que je cultive,

 

et tout cela se compare avec ce que j’ai appris dans:

• mes expériences passées,

• ce que j’ai appris des autres,

• ce que j’ai retenu de ce qu’ils m’ont appris,

 

mais aussi avec :

 

• ce que j’ai voulu m’imposer pour établir mes croyances, mes principes, mes réflexes, mes habitudes et mes capacités techniques sociales, économiques, familiales et comportementales…

 

De ces comparaisons et de ces choix que je fais, lors de mes confrontations intérieures, naît ou meurt le désir de réaliser, de donner forme à mes pensées. C’est le cheminement de ma création.

 

Ma capacité à créer me permet d’être « constructeur » de ce qui est présent [1] en « Qui_Je_Suis » et ainsi de me satisfaire. Si je me satisfais, je jubile : je m’accomplis.

 

Créer, c’est « mettre en forme » ou incarner mes désirs profonds, et ce, quel que soit ce que je ne fais pas ou ce que je fais, quel que soit mon immobilisme ou mon agitation, quel que soit ce que je réalise ou ce que je ne réalise pas, quel que soit ce que je démolis ou ce que je construis. Créateur, je me satisfais : en conséquence, je m’accomplis. C’est dans ma satisfaction que je m’épanouis.

 

À l’inverse, si je décide de « me tourner le dos », de me renier [2] au profit de l’autre, de m’obliger à faire ce qui m’insatisfait, de me limiter aux règles qui diminuent mes choix, je m’inaccomplis. En l’absence [3] de « Qui_Je_Suis », je m’inaccomplis.

 

Ce « moteur intérieur » est animé par ce qui est le plus profond en moi et cela me domine. (De plus amples explications sont fournies sur le sujet dans le chapitre «  Dualité Humaine » et « Fonctionnement de l'Être Humain »).

 

La concordance entre

ce que je fais,

ce que je réalise,

ce que je construis,

ou plus simplement ce que je vis,

et

 

mon déplaisir

ou

mon plaisir

(celui que j'éprouve à ce moment-là)

 

est la base de

  

  mon insatisfaction

ou

ma satisfaction

 

En fonction de la satisfaction ou de l’insatisfaction que j’éprouve tout au long des expériences qui jalonnent ma vie, je peux avoir besoin de me « faire signe » pour me « porter secours ».

 

Ce signe prend la forme d'un rêve ou d’un cauchemar que je vois surgir soudain des ressacs de mon mental où il provoque, en moi, des émotions intenses qui vont jusqu’à me « liquéfier ».

 

Comparable au message enfermé dans une bouteille qu’un naufragé jette dans l’océan qui l’entoure, avec l’espoir que quelqu’un d’autre la trouve et le tire de son isolement, le rêve dérive dans l’imaginaire où il prend forme, s’épanouit et se projette.

 

De la même manière qu’une « bouteille à la mer »,

 

• mon rêve est «  flottant »,

c’est à dire que je peux « avoir du mal » à l’attraper, à m’en souvenir, à le retenir ou à me le raconter en détails,

 

• mon rêve est «  hermétique » au premier abord,

c’est à dire qu’il faut que je fasse un acte volontaire pour me « déboucher » (le mental) et m’ouvrir à tous les sens possibles.

 

• mon rêve est «  rempli d’un message »

c’est à dire qu’il me faut le décrypter pour me mettre en phase avec ce que je veux me dire et/ou ce que je peux obtenir de moi pour me satisfaire.

 

Le message peut être signe de désespoir ou d’espérance:

 

désespoir ou faiblesse de l’inaccomplissement ou méconnaissance douloureuse de la manière de me satisfaire,

espoir de l’évolution en cours ou message de jubilation « en soi » ou d’accomplissement ou d’union en « Qui_Je_Suis »…

 

Le travail d’accompagnement pour aider à l’analyse d’un rêve consiste à permettre au rêveur de «  se révéler à lui-même ce qu’il n’arrive pas à se dire », ce qu’il a du mal à entendre ou, même, ce qu’il ne veut pas ou n’ose pas entendre.

 

Le travail débute par la découverte, la dissociation, la séparation des images, chacune des images indépendamment les unes des autres, et leur valorisation pour ce qu’elles sont dans l’univers psychologique personnel du rêveur.

 

C’est l’origine de ces images, « ce qui me parle en elles » (dégoût ou acceptation), qui leur donne le poids de ce qu’elles signifient pour moi, dans mon rêve.

 

C’est pourquoi lors du questionnement à propos des images d’un rêve, il est nécessaire d’élargir les pistes « à tous les possibles » pour que le rêveur puisse se permettre d’accéder à toutes les symboliques possibles à propos de chacune des images de son propre rêve.

 

S’agit-il d’une « inquisition » ? Non, mais il s’agit d’une véritable « mise à nu » des « personnalités » qui me composent, une mise à nu des fonctionnement de mon égo et de tout mon fonctionnement psychologique et mental. Cette mise à nu peut me donner l’impression d’un viol psychologique puisque je me soumets à ce qui me dévoile, à ce qui me montre tel(le) que « Je_Suis ». Car l’analyse d’un rêve me dévoile à moi-même…

 

L’expérience prouve que, pour certains, lorsque le voile se déchire, que la vérité de soi apparaît, c’est mortifiant. Mortifiant parce que c’est la révélation à soi que je suis différent de ce que je crois être

 

Soit cette épreuve est vécue comme culpabilisante, jugée comme stupide ou insensée et l’analyse du rêve ne peut aller au-delà, soit l’analyse permet au rêveur de passer le cap du jugement de soi pour pouvoir entrer « en lui-même », dans sa profondeur, dans sa vérité et alors l’œuvre profonde s’accomplit.

 

Le travail de l’analyste, celui qui aide à permettre l’analyse du rêve,  est donc, avant tout, un travail d’aide.

 

Aide:

 

• à  l’information sur le fonctionnement de ma psyché humaine de sorte que je comprenne comment je fonctionne,

à l’acceptation de ce que décrit le rêve,

• à la découverte de « Qui_Je_Suis », de telle sorte que je puisse évoluer.

 

Le principal obstacle à mon évolution personnelle est d’ accepter ce que je vis. Accepter de prendre connaissance de mes fonctionnements, de ce qui m’anime dans ma psyché [4] et de l’accepter sans me juger, de manière inconditionnelle.

 

Si je ne sais pas comment je fonctionne (ce qui m’insatisfait et ce qui me satisfait), comment puis-je savoir ce qui me procure frustration ou bonheur? Comment puis-je être attentif à me satisfaire ?

 

Et, si je ne me procure pas de la satisfaction, comment puis-je devenir heureux et éprouver du bonheur ?

 

Découvrir les « espaces » et les « objets » tels qu’ils sont décrits dans mon rêve, ou, plus exactement découvrir « ce qui me qualifie » (ainsi que, dans une phrase, les adjectifs qualifient les noms), tel est le travail de l’aide à l’analyse.

 

C’est un travail de collaboration, de confiance, d’acceptation de soi, de respect de soi, de tolérance envers soi, d’accueil de soi, qui nécessite de prendre le temps : celui de l’évolution de mon fonctionnement mental et psychologique (ma pensée).

 

_________________

[ 1] « to be » de “to be or not to be” (Hamlet – Shakespeare)

[2] se renier = refuser de considérer ses besoins, ses désirs comme essentiels à respecter et à satisfaire. C’est considérer qu’autrui à plus d’importance que soi, ce qui engendre, à terme, l’insatisfaction.

[3] « not to be » de “to be or not to be” (Hamlet – Shakespeare)

[4] de « psüké », en grec, qui veut dire « âme ». Il s’agit de l’ensemble de mes fonctionnements psychologiques conscients ou inconscients, inaccomplissants ou accomplissants, tels qu’ils m’animent dans ma pensée mentale et tels qu’ils me font agir dans mon action journalière.

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