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« désir essentiel » et « essentiel du désir » |
Le désir... Désir de plaire? Désir d'acheter ceci ou cela? Désir d'être aimé? Désir d'être reconnu? Désir d'être soi?
Voilà une liste qui n'est pas limitative, bien au contraire. Ce qu'il me faut comprendre, c'est qu'en laissant s'exprimer mon désir essentiel ou mes désirs sociaux, j'accepte de me satisfaire. En acceptant de répondre à mes désirs, de les exaucer, j'ai la volonté de me satisfaire. Or, me satisfaire me procure ce que tout le monde nomme « le bonheur ».
Le Désir social
Dès que je suis né, la société, la parentèle, tous les gens qui m'ont apporté une aide, bien souvent imposée, pour m'éduquer, tous m'ont appris que ce qui prime, « pour être quelqu'un » dans la vie sociale, c'est le résultat de ce que j'obtiens. Ou plutôt c'est le résultat que « les autres » peuvent voir. En résumé j'ai appris que, pour me satisfaire, je dois être reconnu par les autres.
Fort de ce principe, je sais que la réussite c'est exercer le pouvoir, posséder des richesses financières, immobilières, artistiques, etc... Je sais que le principal est de travailler pour pouvoir avoir de l'argent afin d'acheter, de consommer, de dépenser, etc... et surtout obtenir des biens qui vont me positionner dans les classes sociales « reconnues » par la société dans laquelle je vis.
Le problème est que,
• bien que je possède des biens multiples, pour lesquels j'ai trimé tant et plus jusqu'à me renier et que j'ai cru que de leur possession dépendait mon bonheur quotidien,
• bien que je vive en compagnonnage ou en couple, parce que j'ai voulu mettre un terme à mon apparente solitude, et que j'ai cru que l'autre parviendrait à me distraire de mon mal-être,
• bien que j'ai des enfants, parce que j'ai cru pouvoir partager mes biens et les transmettre, ou que j'ai cru qu'ils allaient faire mon bonheur...
• bien que je consomme tant et plus, que j'achète, que je mange,
• bien que j'exerce une profession où je détiens un peu de pouvoir sur les autres,
ce n'est pas grâce à cela que je me sens heureux dans ma profondeur.
Bien au contraire, il m'en faut toujours plus... (Du moins c'est ce que je crois!). Une mécanique mentale me dit quelque chose comme « ce sera mieux ailleurs » ou « ce sera mieux avec ceci en plus » ou encore: « je serais plus heureux en en ayant d'avantage ».
Je me retrouve aussi insatisfait que celui qui envie ma situation financière, sociale, politique, maritale, patrimoniale, etc...
Si je suis dans ce que la société nomme « la pauvreté », les mêmes ressorts d'insatisfaction m'animent, mais avec d'avantage de force, jusqu'à en vouloir aux autres de ne pas m'aider pour parvenir à faire au moins aussi bien qu'eux, jusqu'à la révolte, au vol, à l'envie de me venger et parfois jusqu'au crime...
Si j'applique bien toutes les règles qui m'ont été apprises, « nanti » (qui est riche, qui a du pouvoir, qui a un emploi, etc...) ou « démuni » (pauvre, marginal, non intégré, étranger, chômeur, etc..) mon degré d'insatisfaction est d'autant plus fort que je m'éloigne des résultats que je crois que je devrais obtenir.
Nanti ou démuni, je poursuis l'objectif appris dans mon éducation: obtenir des résultats et avoir des possessions. Seules les logiques pour y parvenir sont différentes selon que je suis démuni ou selon que je suis nanti.
Apparemment, il m'est nécessaire, psychologiquement parlant, de « courir » après toutes les valeurs que la société m'a enseignées (par la loi, par le pouvoir en place, par la religion, etc...) pendant toute la première partie de ma vie (de zéro à 40 ans en moyenne), pour me rendre compte que toutes ces acquisitions sont vaines, c'est à dire qu'elles ne parviennent pas à me satisfaire dans mon intériorité profonde.
Parvenu à ce constat que je résume ainsi:
« malgré tous mes efforts pour me comporter comme mon éducation me l'a demandé, je ne parviens pas à me satisfaire »,
il me vient un questionnement existentiel que je résume ainsi:
« à quoi cela me sert-il de vouloir faire comme les autres m'ont enseigné si je ne parviens pas à me satisfaire? ».
Et, là j'entre de plein pied dans le fond du problème de ma vie:
• est-ce dans le résultat que se trouve ma satisfaction,
ou
• est-ce dans le plaisir que j'éprouve à vivre ma vie,
que se trouve ma satisfaction ?
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