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AIMER

Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue,
 Tu dis que tu aimes les chiens et tu leur mets une laisse,
 Tu dis que tu aimes les poissons et tu leur coupes la tête,
 Tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage,
 Tu dis que tu m’aimes alors moi j’ai peur.
Jean Cocteau

  

Que veut dire « Je t'aime »...

Si vous le voulez bien, écrivons-le en couleurs différentes : « Je t'aime ».

Autrement dit: « JE TOI AI ME ». Littéralement: « je fais de toi un avoir de moi ». C'est à dire que je fais de "Toi" ma propriété, à Moi. Autrement dit: tu m'appartiens, je te possède.

 

Cette possession de l'autre est la base de notre manière occidentale d'aimer. Elle nourrit et entretient la structure du mariage (qui n'existe pas - de cette manière - dans les civilisations plus « primitives », c'est à dire moins intellectuelles).

 

Et pourquoi nos civilisations sont-elles possessives? Parce qu'elles sont nourries pas la peur.

La peur est, par définition, l'absence. L'absence d'amour.

 

Comment fonctionne le psychisme en l’absence d’amour ? En l’absence d’amour la machinerie mentale fabrique la peur.

 

Que dit la peur ? Elle dit deux choses:

 

« Je crains que je ne sois pas satisfait(e) »

« Je crains que l'autre ne soit pas satisfait à cause de moi »

• peur que ce ne soit pas comme je le veux…

• peur que l’autre ne m’aime pas comme je le veux…

• peur de l’imprévu…

• peur que ce ne soit pas comme il/elle veut…

• peur que l’autre ne m’affectionne pas parce que ce n'est pas comme il/elle veut…

• peur que celui/celle que j'affectionne ne trébuche et ne puisse continuer à m'affectionner…

 

La peur est la source de mon insatisfaction, l’amour est la source de ma satisfaction.

 

 

 

 

LA PEUR

refuse

méprise

interdit

rejette

doute et se méfie

 

celui qui a peur

se refuse,

 

celui qui a peur

se méprise,

 

celui qui a peur

s’interdit,

 

celui qui a peur

se rejette,

 

celui qui a peur

doute.

 

Douter

c’est croire que l’autre

n’a pas la capacité

de faire ses expériences,

et lui interdire

d’être responsable

de sa vie.

 

Douter

c’est,

au lieu de se faire confiance,

au lieu de s’autoriser,

avoir peur

en face des autres,

s’interdire

sans réserves.

de vivre les expériences

que la vie me propose.

L’AMOUR

Accepte

Respecte

Tolère

Accueille

fait confiance

 

celui qui aime

s'accepte,

 

celui qui aime

se respecte,

 

celui qui aime

se tolère,

 

celui qui aime

s'accueille,

 

celui qui aime

se fait confiance.

 

Faire confiance,

c'est laisser l'autre

faire ses expériences

et accepter,

sans réserves,

qu'il les vive

de la manière dont il les vit.

 

Se faire confiance

c'est,

au lieu de les refuser,

au lieu d'avoir peur

s’autoriser

en face des autres,

et accepter

sans réserves

de vivre les expériences

que la vie me propose.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons tous appris à parler, à écrire, à lire et à compter. De la même manière, Aimer sans à priori s'apprend.

 

C'est au contact des autres que je peux me découvrir, que je peux apprendre à m’observer dans mes réactions : ce que je sens dans mon corps,  ce que je ressens dans mon mental. Si je décide d’accepter d’être « Qui_Je_Suis », sans m’occuper de ce que les autres pensent de moi, alors, je commence à m’aimer.

 

Puisque je m’aime, je choisis de me satisfaire. Si je me satisfais, j’accède au bonheur de la satisfaction.

 

Dès lors, libre de mes enfermements, puisque satisfait, je deviens disponible. Ouvert à moi, je peux continuer à me satisfaire et ainsi devenir disponible aux autres. Ouvert aux autres, je peux les accompagner dans ce qu’ils me demandent.

 

À chaque moment de ma vie j’ai le choix entre ma rancœur ou ma satisfaction, entre ramper ou m’épanouir, entre avoir peur ou m’aimer.

 

Comment puis-je apprendre à m’aimer ? En abandonnant ma peur et en pratiquant l’amour, tout simplement.

 

Pourquoi ai-je peur d’aimer ? Parce que, quelque soient les expériences dans lesquelles je commence à m’ouvrir à l’amour, que ce soit en face d’une personne, d’un animal, d’une fleur, d’un endroit pour vivre, je me crois vulnérable, c’est à dire sans défense. [1]

 

Cette vulnérabilité consiste à croire que l’autre pourrait profiter de ce que je crois être ma faiblesse. Cependant, je dois admettre que si je ne donne pas de pouvoir à l’autre sur moi, il n’en a pas. Dès lors je ne suis plus vulnérable.

 

ÐÑ
 

L'amour non génital, que nous découvrons, petit bébé, dans les bras de notre mère, intervient ultérieurement dans toutes les formes d'amour de notre vie.

 

C'est essentiellement au travers d'elle que nous construisons nos premiers liens (ce qui nous affecte) avec le monde extérieur. Elle nous enseigne toutes les formes d'implication affective que nous connaissons, et elle influe sur la nature des relations que nous avons avec les autres. De ses manières de vivre sa vie, et en particulier de vivre ses relations, elle nous enseigne ses peurs, ses encouragements tout autant que ses interdictions... (voir la page "Conditionnement")

 

L'amour de notre mère est la première forme que prend, pour chacun de nous, le besoin affectif, c'est-à-dire le besoin de relation à l'autre, qui nous habite dès la naissance.

 

Plus tard, ce besoin de l'autre, en se conjuguant avec le désir érotique, se muera en amour adulte, non sans difficultés: dépasser « l'aspiration à la fusion » de l'enfant est en effet la condition nécessaire pour s'ouvrir à l'amour de la maturité.

 

Cet amour de la période de la maturité répond au besoin 

• d'être unique dans le regard d'un autre

• d'être distingué par l'autre (et non de se confondre avec lui).

 

Lors de la rencontre, qui place l'Amour au centre de la relation, deux êtres se découvrent l'un l'autre, c'est-à-dire qu'ils se voient, se reconnaissent, se distinguent au milieu des autres, et l'Amour est cette force qui les décide à ne pas se perdre de vue.

 

Ils forment, dès lors, non pas deux êtres soudés en un seul par la magie d'un enchantement qui menace à chaque instant de s'évanouir ou d'aboutir au mélange infâme de sentiments, mais deux êtres enchantés de s'être trouvés, unis par un choix commun e décidés à se respecter.

 

L'Amour n'est pas qu'érotique - comme l'est la passion - et il n'y a d'Amour complet que si le deux parviennent à faire coexister l'attachement des origines et les désirs sexuels et génitaux de la maturité.

 

Cette part affective est souvent négligée dans la représentation commune de l'Amour.

 

ÐÑ

 

En fait,

l'Amour est un état.

 

Si je ne vis pas « ici et maintenant » et si je refuse ce que je vis comme étant ce qu'il y a de mieux dans ce que je vis, je ne peux Être. En effet, si j'étais capable de faire mieux, de vivre autre chose, je le ferais... Si je n'en suis pas capable, c'est que ce que je vis est ce que je suis capable de vivre.

 

Accepter l'état des choses c'est être dans l'Amour, l'amour de Soi et l'amour de ce qui m'entoure. C'est aussi être disponible.

 


[1] Le livre d’Emmanuel – vol 2 – Ed. de Mortagne– page 29

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